Un livreur Deliveroo à vélo dans une rue de Toulouse, le 18 mars 2025 ( AFP / Ed JONES )
Le principal syndicat des livreurs (Union Indépendants) et la CFDT ont déclaré avoir mis en demeure Uber Eats et Deliveroo lundi pour les forcer à révéler les méthodes de calcul des courses.
"Cette action marque le début d'une procédure visant à contester des pratiques jugées abusives qui impactent quotidiennement des milliers de travailleurs de plateforme", justifie Union Indépendants dans un communiqué.
Par cette lettre adressée aux deux entreprises qui se disputent l'essentiel du marché de la livraison de repas à domicile en France, les syndicats espèrent obtenir des réponses concrètes à deux problématiques que rencontrent les travailleurs, selon eux.
Dans un premier temps, celle des "déconnexions abusives", c'est-à-dire des livreurs qui voient leur compte Uber Eats ou Deliveroo être désactivé "sans preuve concrète fournie aux intéressés" d'une éventuelle faute.
Dans un second temps, celle de "l'opacité des rémunérations" qui "prive les livreurs de la compréhension de leur propre rémunération" à savoir les critères de calcul du prix de la livraison (distance, temps d'attente, bonus).
Ce manque de transparence empêche, selon les syndicats, "tout contrôle de la conformité du prix payé".
"À défaut d'une réponse satisfaisante sous 30 jours, une action de groupe sera engagée pour faire cesser ces pratiques et obtenir réparation pour les préjudices subis", menacent les deux syndicats.
Uber Eats a pour sa part assuré rencontrer "très régulièrement" Union Indépendants et avoir "notamment des échanges pour discuter des désactivations de comptes de livreurs" et même avoir "accepté de revoir plusieurs cas".
"Nous souhaitons que la voie du dialogue et de l'écoute réciproques reste la voie privilégiée face à la tentation de procédures judiciaires infondées", a encore déclaré la plateforme à l'AFP.
Deliveroo trouve "particulièrement regrettable que cette initiative intervienne alors même que les discussions dans ce cadre doivent reprendre dans les prochaines semaines", juge la société auprès de l'AFP.
La société affirme par ailleurs ne mettre "jamais fin à une relation commerciale sans motif". Pour elle, "aucun compte n'est désactivé sans intervention humaine préalable, et les livreurs disposent d'un droit de recours".
A propos de l'algorithme, Deliveroo assure agir "en pleine conformité avec ses obligations légales" et que "chaque proposition de commande affiche de manière transparente la rémunération ainsi que la distance avant acceptation".
Des associations d'aide aux livreurs de repas, avec l'ONG Médecins du Monde, avaient entamé en avril une procédure sensiblement semblable contre Uber Eats. C'est sur cette entreprise qu'elles disent avoir réuni le plus d'éléments matériels.

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